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Sahih Muslim

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حَدَّثَنَا هَدَّابُ بْنُ خَالِدٍ، حَدَّثَنَا حَمَّادُ بْنُ سَلَمَةَ، حَدَّثَنَا ثَابِتٌ، عَنْ عَبْدِ الرَّحْمَنِ بْنِ، أَبِي لَيْلَى عَنْ صُهَيْبٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏ كَانَ مَلِكٌ فِيمَنْ كَانَ قَبْلَكُمْ وَكَانَ لَهُ سَاحِرٌ فَلَمَّا كَبِرَ قَالَ لِلْمَلِكِ إِنِّي قَدْ كَبِرْتُ فَابْعَثْ إِلَىَّ غُلاَمًا أُعَلِّمْهُ السِّحْرَ ‏.‏ فَبَعَثَ إِلَيْهِ غُلاَمًا يُعَلِّمُهُ فَكَانَ فِي طَرِيقِهِ إِذَا سَلَكَ رَاهِبٌ فَقَعَدَ إِلَيْهِ وَسَمِعَ كَلاَمَهُ فَأَعْجَبَهُ فَكَانَ إِذَا أَتَى السَّاحِرَ مَرَّ بِالرَّاهِبِ وَقَعَدَ إِلَيْهِ فَإِذَا أَتَى السَّاحِرَ ضَرَبَهُ فَشَكَا ذَلِكَ إِلَى الرَّاهِبِ فَقَالَ إِذَا خَشِيتَ السَّاحِرَ فَقُلْ حَبَسَنِي أَهْلِي ‏.‏ وَإِذَا خَشِيتَ أَهْلَكَ فَقُلْ حَبَسَنِي السَّاحِرُ ‏.‏ فَبَيْنَمَا هُوَ كَذَلِكَ إِذْ أَتَى عَلَى دَابَّةٍ عَظِيمَةٍ قَدْ حَبَسَتِ النَّاسَ فَقَالَ الْيَوْمَ أَعْلَمُ آلسَّاحِرُ أَفْضَلُ أَمِ الرَّاهِبُ أَفْضَلُ فَأَخَذَ حَجَرًا فَقَالَ اللَّهُمَّ إِنْ كَانَ أَمْرُ الرَّاهِبِ أَحَبَّ إِلَيْكَ مِنْ أَمْرِ السَّاحِرِ فَاقْتُلْ هَذِهِ الدَّابَّةَ حَتَّى يَمْضِيَ النَّاسُ ‏.‏ فَرَمَاهَا فَقَتَلَهَا وَمَضَى النَّاسُ فَأَتَى الرَّاهِبَ فَأَخْبَرَهُ فَقَالَ لَهُ الرَّاهِبُ أَىْ بُنَىَّ أَنْتَ الْيَوْمَ أَفْضَلُ مِنِّي ‏.‏ قَدْ بَلَغَ مِنْ أَمْرِكَ مَا أَرَى وَإِنَّكَ سَتُبْتَلَى فَإِنِ ابْتُلِيتَ فَلاَ تَدُلَّ عَلَىَّ ‏.‏ وَكَانَ الْغُلاَمُ يُبْرِئُ الأَكْمَهَ وَالأَبْرَصَ وَيُدَاوِي النَّاسَ مِنْ سَائِرِ الأَدْوَاءِ فَسَمِعَ جَلِيسٌ لِلْمَلِكِ كَانَ قَدْ عَمِيَ فَأَتَاهُ بِهَدَايَا كَثِيرَةٍ فَقَالَ مَا هَا هُنَا لَكَ أَجْمَعُ إِنْ أَنْتَ شَفَيْتَنِي فَقَالَ إِنِّي لاَ أَشْفِي أَحَدًا إِنَّمَا يَشْفِي اللَّهُ فَإِنْ أَنْتَ آمَنْتَ بِاللَّهِ دَعَوْتُ اللَّهَ فَشَفَاكَ ‏.‏ فَآمَنَ بِاللَّهِ فَشَفَاهُ اللَّهُ فَأَتَى الْمَلِكَ فَجَلَسَ إِلَيْهِ كَمَا كَانَ يَجْلِسُ فَقَالَ لَهُ الْمَلِكُ مَنْ رَدَّ عَلَيْكَ بَصَرَكَ قَالَ رَبِّي ‏.‏ قَالَ وَلَكَ رَبٌّ غَيْرِي قَالَ رَبِّي وَرَبُّكَ اللَّهُ ‏.‏ فَأَخَذَهُ فَلَمْ يَزَلْ يُعَذِّبُهُ حَتَّى دَلَّ عَلَى الْغُلاَمِ فَجِيءَ بِالْغُلاَمِ فَقَالَ لَهُ الْمَلِكُ أَىْ بُنَىَّ قَدْ بَلَغَ مِنْ سِحْرِكَ مَا تُبْرِئُ الأَكْمَهَ وَالأَبْرَصَ وَتَفْعَلُ وَتَفْعَلُ ‏.‏ فَقَالَ إِنِّي لاَ أَشْفِي أَحَدًا إِنَّمَا يَشْفِي اللَّهُ ‏.‏ فَأَخَذَهُ فَلَمْ يَزَلْ يُعَذِّبُهُ حَتَّى دَلَّ عَلَى الرَّاهِبِ فَجِيءَ بِالرَّاهِبِ فَقِيلَ لَهُ ارْجِعْ عَنْ دِينِكَ ‏.‏ فَأَبَى فَدَعَا بِالْمِئْشَارِ فَوَضَعَ الْمِئْشَارَ فِي مَفْرِقِ رَأْسِهِ فَشَقَّهُ حَتَّى وَقَعَ شِقَّاهُ ثُمَّ جِيءَ بِجَلِيسِ الْمَلِكِ فَقِيلَ لَهُ ارْجِعْ عَنْ دِينِكَ ‏.‏ فَأَبَى فَوَضَعَ الْمِئْشَارَ فِي مَفْرِقِ رَأْسِهِ فَشَقَّهُ بِهِ حَتَّى وَقَعَ شِقَّاهُ ثُمَّ جِيءَ بِالْغُلاَمِ فَقِيلَ لَهُ ارْجِعْ عَنْ دِينِكَ ‏.‏ فَأَبَى فَدَفَعَهُ إِلَى نَفَرٍ مِنْ أَصْحَابِهِ فَقَالَ اذْهَبُوا بِهِ إِلَى جَبَلِ كَذَا وَكَذَا فَاصْعَدُوا بِهِ الْجَبَلَ فَإِذَا بَلَغْتُمْ ذُرْوَتَهُ فَإِنْ رَجَعَ عَنْ دِينِهِ وَإِلاَّ فَاطْرَحُوهُ فَذَهَبُوا بِهِ فَصَعِدُوا بِهِ الْجَبَلَ فَقَالَ اللَّهُمَّ اكْفِنِيهِمْ بِمَا شِئْتَ ‏.‏ فَرَجَفَ بِهِمُ الْجَبَلُ فَسَقَطُوا وَجَاءَ يَمْشِي إِلَى الْمَلِكِ فَقَالَ لَهُ الْمَلِكُ مَا فَعَلَ أَصْحَابُكَ قَالَ كَفَانِيهِمُ اللَّهُ ‏.‏ فَدَفَعَهُ إِلَى نَفَرٍ مِنْ أَصْحَابِهِ فَقَالَ اذْهَبُوا بِهِ فَاحْمِلُوهُ فِي قُرْقُورٍ فَتَوَسَّطُوا بِهِ الْبَحْرَ فَإِنْ رَجَعَ عَنْ دِينِهِ وَإِلاَّ فَاقْذِفُوهُ ‏.‏ فَذَهَبُوا بِهِ فَقَالَ اللَّهُمَّ اكْفِنِيهِمْ بِمَا شِئْتَ ‏.‏ فَانْكَفَأَتْ بِهِمُ السَّفِينَةُ فَغَرِقُوا وَجَاءَ يَمْشِي إِلَى الْمَلِكِ فَقَالَ لَهُ الْمَلِكُ مَا فَعَلَ أَصْحَابُكَ قَالَ كَفَانِيهِمُ اللَّهُ ‏.‏ فَقَالَ لِلْمَلِكِ إِنَّكَ لَسْتَ بِقَاتِلِي حَتَّى تَفْعَلَ مَا آمُرُكَ بِهِ ‏.‏ قَالَ وَمَا هُوَ قَالَ تَجْمَعُ النَّاسَ فِي صَعِيدٍ وَاحِدٍ وَتَصْلُبُنِي عَلَى جِذْعٍ ثُمَّ خُذْ سَهْمًا مِنْ كِنَانَتِي ثُمَّ ضَعِ السَّهْمَ فِي كَبِدِ الْقَوْسِ ثُمَّ قُلْ بِاسْمِ اللَّهِ رَبِّ الْغُلاَمِ ‏.‏ ثُمَّ ارْمِنِي فَإِنَّكَ إِذَا فَعَلْتَ ذَلِكَ قَتَلْتَنِي ‏.‏ فَجَمَعَ النَّاسَ فِي صَعِيدٍ وَاحِدٍ وَصَلَبَهُ عَلَى جِذْعٍ ثُمَّ أَخَذَ سَهْمًا مِنْ كِنَانَتِهِ ثُمَّ وَضَعَ السَّهْمَ فِي كَبِدِ الْقَوْسِ ثُمَّ قَالَ بِاسْمِ اللَّهِ رَبِّ الْغُلاَمِ ‏.‏ ثُمَّ رَمَاهُ فَوَقَعَ السَّهْمُ فِي صُدْغِهِ فَوَضَعَ يَدَهُ فِي صُدْغِهِ فِي مَوْضِعِ السَّهْمِ فَمَاتَ فَقَالَ النَّاسُ آمَنَّا بِرَبِّ الْغُلاَمِ آمَنَّا بِرَبِّ الْغُلاَمِ آمَنَّا بِرَبِّ الْغُلاَمِ ‏.‏ فَأُتِيَ الْمَلِكُ فَقِيلَ لَهُ أَرَأَيْتَ مَا كُنْتَ تَحْذَرُ قَدْ وَاللَّهِ نَزَلَ بِكَ حَذَرُكَ قَدْ آمَنَ النَّاسُ ‏.‏ فَأَمَرَ بِالأُخْدُودِ فِي أَفْوَاهِ السِّكَكِ فَخُدَّتْ وَأَضْرَمَ النِّيرَانَ وَقَالَ مَنْ لَمْ يَرْجِعْ عَنْ دِينِهِ فَأَحْمُوهُ فِيهَا ‏.‏ أَوْ قِيلَ لَهُ اقْتَحِمْ ‏.‏ فَفَعَلُوا حَتَّى جَاءَتِ امْرَأَةٌ وَمَعَهَا صَبِيٌّ لَهَا فَتَقَاعَسَتْ أَنْ تَقَعَ فِيهَا فَقَالَ لَهَا الْغُلاَمُ يَا أُمَّهِ اصْبِرِي فَإِنَّكِ عَلَى الْحَقِّ ‏"‏ ‏.‏

Rapporté par Suhaib رضي الله عنه : Le Messager d’Allah ﷺ a raconté : « Il y avait un roi avant vous qui avait un magicien à sa cour. Quand le magicien devint vieux, il dit au roi : “Je suis devenu vieux, envoie-moi un jeune garçon pour que je lui enseigne la magie.” Le roi lui envoya un jeune garçon. Sur le chemin, ce garçon rencontra un moine assis et il fut impressionné par ses paroles. Il prit l’habitude de s’arrêter chez le moine avant d’aller chez le magicien, ce qui le mettait en retard et le magicien le frappait. Il se plaignit au moine, qui lui dit : “Si tu crains le magicien, dis-lui que ta famille t’a retenu. Et si tu crains ta famille, dis-leur que le magicien t’a retenu.” Un jour, une grosse bête bloqua le passage des gens. Le garçon dit : “Aujourd’hui, je vais savoir qui est le meilleur, le magicien ou le moine.” Il prit une pierre et dit : “Ô Allah, si l’affaire du moine Te plaît plus que celle du magicien, fais mourir cette bête pour que les gens puissent passer.” Il lança la pierre, tua la bête, et les gens purent circuler. Il raconta cela au moine, qui lui dit : “Mon garçon, aujourd’hui tu es supérieur à moi. Tu vas bientôt être mis à l’épreuve, et si c’est le cas, ne révèle pas mon identité.” Le garçon commença alors à guérir les aveugles, les lépreux et toutes sortes de malades. Un proche du roi, devenu aveugle, vint avec beaucoup de cadeaux et dit : “Si tu me guéris, tout ceci sera à toi.” Il répondit : “Je ne guéris personne, c’est Allah qui guérit. Si tu crois en Allah, j’invoquerai Allah pour toi.” Il crut en Allah et Allah le guérit. Il retourna auprès du roi, qui lui demanda : “Qui t’a rendu la vue ?” Il répondit : “Mon Seigneur.” Le roi dit : “Tu as donc un Seigneur autre que moi ?” Il répondit : “Mon Seigneur et le tien, c’est Allah.” Le roi le fit torturer jusqu’à ce qu’il révèle l’existence du garçon. Le garçon fut convoqué et le roi lui dit : “On m’a dit que tu fais des miracles.” Il répondit : “Je ne guéris personne, c’est Allah qui guérit.” Le roi le fit torturer jusqu’à ce qu’il dénonce le moine. Le moine fut convoqué et sommé d’abandonner sa religion, mais il refusa. On lui apporta une scie, on la plaça au milieu de sa tête et il fut coupé en deux. Le proche du roi fut aussi amené, sommé d’abandonner sa foi, il refusa et subit le même sort. Le garçon fut amené et sommé d’abandonner sa foi, il refusa. Le roi ordonna à ses hommes de l’emmener en haut d’une montagne pour le jeter s’il refusait. Arrivés en haut, le garçon pria : “Ô Allah, sauve-moi d’eux comme Tu veux.” La montagne trembla, ils tombèrent tous, et le garçon revint à pied chez le roi. Le roi l’envoya alors sur un bateau, avec l’ordre de le jeter à la mer s’il refusait d’abandonner sa foi. Le garçon pria : “Ô Allah, sauve-moi d’eux et de ce qu’ils veulent faire.” Le bateau chavira, ils se noyèrent tous, et le garçon revint à pied chez le roi. Le garçon dit au roi : “Tu ne pourras me tuer que si tu fais ce que je vais te dire. Rassemble les gens sur une grande place, attache-moi à un tronc, prends une flèche de mon carquois, dis : ‘Au nom d’Allah, le Seigneur de ce garçon’, puis tire la flèche. Tu pourras alors me tuer.” Le roi rassembla les gens, attacha le garçon, prit une flèche, dit : “Au nom d’Allah, le Seigneur de ce garçon”, tira la flèche, qui toucha la tempe du garçon. Celui-ci mit la main sur sa tempe et mourut. Les gens dirent alors : “Nous croyons au Seigneur de ce garçon !” Les proches du roi dirent : “Vois-tu, Allah a fait ce que tu voulais éviter : les gens ont cru.” Le roi ordonna de creuser des fosses, d’y allumer le feu, et dit : “Celui qui ne renonce pas à la foi du garçon sera jeté dans le feu.” Les gens préférèrent mourir plutôt que d’abandonner leur foi, jusqu’à ce qu’une femme, avec son enfant, hésite. L’enfant lui dit : “Ô maman, sois patiente, car c’est la vérité.” »

N° 7511

Rapporté par Ubadah ibn Walid ibn Samit رضي الله عنه : J’étais parti avec mon père chercher le savoir auprès d’une tribu des Ansar avant la mort des Compagnons. J’ai d’abord rencontré Abu Yasar, un Compagnon du Messager d’Allah ﷺ, accompagné d’un jeune homme qui portait des lettres et portait un manteau de Ma’afiri. Son serviteur aussi avait un manteau de Ma’afiri. Mon père lui dit : « Mon oncle, je vois sur ton visage des signes de colère ou de peine. » Il répondit : « Oui, un homme de la tribu de Harami me devait de l’argent. Je suis allé voir sa famille, j’ai salué et demandé où il était. Ils ont dit qu’il n’était pas là. Son fils, encore jeune, est sorti et je lui ai demandé où était son père. Il m’a dit : “Dès qu’il t’a entendu, il s’est caché derrière le lit de ma mère.” Je lui ai dit : “Viens, je sais où tu es.” Il est sorti. Je lui ai demandé pourquoi il s’était caché. Il a répondu : “Par Allah, je ne te mentirai pas. J’ai peur de te mentir ou de ne pas tenir parole, car tu es un Compagnon du Messager d’Allah ﷺ. En réalité, je traverse des difficultés financières.” Je lui ai demandé, à plusieurs reprises, de jurer par Allah, ce qu’il a fait. Puis il a apporté la reconnaissance de dette et l’a annulée de sa main, en disant : “Rembourse-moi quand tu pourras ; sinon, tu n’as plus de dette envers moi.” Abu Yasar a mis ses doigts sur ses yeux et son cœur, et a dit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Celui qui accorde un délai à un débiteur en difficulté, ou qui annule sa dette, Allah le mettra sous Son ombre.” » Je lui ai dit : « Mon oncle, si tu prends le manteau de ton serviteur et lui donnes tes deux vêtements, ou si tu prends ses deux vêtements de Ma’afir et lui donnes ton manteau, il y aurait un habit pour chacun. » Il m’a caressé la tête et a dit : « Ô Allah, bénis le fils de mon frère. Ô fils de mon frère, mes yeux ont vu, mes oreilles ont entendu et mon cœur a retenu que le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Nourrissez vos serviteurs et habillez-les comme vous vous habillez. Donner des biens de ce monde est plus facile pour moi que de devoir leur donner mes bonnes actions au Jour de la Résurrection.” » Nous sommes ensuite allés voir Jabir ibn Abdullah à la mosquée. Il priait avec un seul vêtement, alors que son manteau était à côté de lui. Je me suis assis entre lui et la Qibla et j’ai dit : « Qu’Allah te fasse miséricorde. Tu pries avec un seul vêtement alors que ton manteau est là ? » Il m’a fait un signe de la main sur la poitrine, puis a dit : « Je pensais qu’un homme comme toi viendrait me voir pour faire comme moi. Le Messager d’Allah ﷺ est venu dans cette mosquée avec une branche de palmier, a vu de la salive vers la Qibla et l’a effacée avec la branche. Puis il a dit : “Qui parmi vous veut qu’Allah détourne Son visage de lui ?” Nous avons eu peur. Il l’a répété trois fois. Nous avons dit : “Personne, ô Messager d’Allah.” Il a dit : “Quand l’un de vous prie, Allah est devant lui : qu’il ne crache pas devant lui ni à sa droite, mais à sa gauche, sous son pied gauche. Et s’il ne peut pas faire autrement, qu’il crache dans son vêtement et le replie.” Il a aussi dit : “Apportez quelque chose qui sente bon.” Un jeune de notre tribu a apporté du parfum, le Prophète ﷺ l’a mis au bout de la branche et a touché l’endroit où il y avait la salive. Jabir a dit : “C’est pour cela qu’il faut parfumer vos mosquées.” » Il a aussi rapporté : « Nous sommes partis avec le Messager d’Allah ﷺ pour l’expédition de Batn Buwat, à la recherche d’al-Majdi ibn Amr al-Juhani. Nous étions si peu équipés que cinq, six ou sept d’entre nous partageaient un seul chameau. Un Ansari devait monter, il a fait agenouiller le chameau, mais celui-ci ne voulait pas se relever. Il a dit : “Qu’Allah te maudisse !” Le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Qui a maudit son chameau ?” Il a répondu : “C’est moi, ô Messager d’Allah.” Le Prophète ﷺ a dit : “Descends, nous ne voulons pas voyager avec un animal maudit. Ne maudissez ni vous-mêmes, ni vos enfants, ni vos biens. Il se peut que votre malédiction coïncide avec un moment où Allah va exaucer votre demande.” » Il a aussi rapporté : « Nous sommes partis avec le Messager d’Allah ﷺ jusqu’au soir, près d’un réservoir d’eau. Le Prophète ﷺ a dit : “Qui va aller arranger le réservoir, boire et nous servir ?” J’ai dit : “Moi, ô Messager d’Allah.” Il a demandé : “Qui va accompagner Jabir ?” Jabbar ibn Sakhr s’est levé. Nous avons réparé le réservoir, l’avons rempli, puis le Prophète ﷺ est venu, a fait boire son chameau, puis a fait ses ablutions. J’ai fait comme lui. Jabbar est allé se soulager, puis le Prophète ﷺ a prié. J’ai essayé de couvrir mon corps avec mon manteau, mais il était trop court, alors je l’ai attaché autour de mon cou. Je me suis mis à gauche du Prophète ﷺ, il m’a fait passer derrière lui à droite. Jabbar est venu, s’est mis à gauche, et le Prophète ﷺ nous a fait passer tous les deux derrière lui. Après la prière, il m’a dit : “Jabir ! Quand ton vêtement est court, attache-le autour de ta taille.” » Jabir a aussi raconté : « Nous sommes partis en expédition avec le Messager d’Allah ﷺ, et chacun n’avait qu’une datte par jour à manger. Nous la mâchions, et nous frappions les feuilles pour les manger, au point que nos bouches étaient blessées. Un jour, quelqu’un n’a pas reçu de datte, nous avons témoigné pour lui et il l’a reçue. » Il a aussi dit : « Nous sommes partis avec le Messager d’Allah ﷺ et nous sommes arrivés dans une large vallée. Le Prophète ﷺ est parti se soulager, je l’ai suivi avec un seau d’eau. Il n’a trouvé que deux arbres pour se cacher. Il a pris une branche de l’un, a dit : “Sois sous mon contrôle, avec la permission d’Allah”, et l’arbre s’est plié. Il a fait pareil avec le second. Il a joint les deux branches et a dit : “Rejoignez-vous, avec la permission d’Allah.” Après, il m’a demandé de couper une branche de chaque arbre et de les planter à l’endroit où il s’était tenu, car il avait vu deux tombes dont les occupants étaient punis, et il voulait intercéder pour eux tant que les branches resteraient fraîches. Nous sommes revenus au camp, et le Prophète ﷺ a demandé de l’eau pour les ablutions. Il n’y avait qu’une goutte dans une outre. Il a prononcé des paroles, pressé l’outre, puis a mis ses mains dans une bassine, les doigts écartés. J’ai versé l’eau en disant “Bismillah”, et l’eau a jailli entre ses doigts jusqu’à remplir la bassine. Tout le monde a pu boire. Les gens se sont plaints de la faim, il a invoqué Allah, et nous sommes arrivés au bord de la mer, où une grande bête a été rejetée. Nous l’avons cuite et mangée à satiété. Cinq d’entre nous pouvaient tenir dans son orbite, et un grand chameau pouvait passer sous sa côte sans se baisser. »

N° 7520

حَدَّثَنِي سَلَمَةُ بْنُ شَبِيبٍ، حَدَّثَنَا الْحَسَنُ بْنُ أَعْيَنَ، حَدَّثَنَا زُهَيْرٌ، حَدَّثَنَا أَبُو إِسْحَاقَ، قَالَ سَمِعْتُ الْبَرَاءَ بْنَ عَازِبٍ، يَقُولُ جَاءَ أَبُو بَكْرٍ الصِّدِّيقُ إِلَى أَبِي فِي مَنْزِلِهِ فَاشْتَرَى مِنْهُ رَحْلاً فَقَالَ لِعَازِبٍ ابْعَثْ مَعِيَ ابْنَكَ يَحْمِلْهُ مَعِي إِلَى مَنْزِلِي فَقَالَ لِي أَبِي احْمِلْهُ ‏.‏ فَحَمَلْتُهُ وَخَرَجَ أَبِي مَعَهُ يَنْتَقِدُ ثَمَنَهُ فَقَالَ لَهُ أَبِي يَا أَبَا بَكْرٍ حَدِّثْنِي كَيْفَ صَنَعْتُمَا لَيْلَةَ سَرَيْتَ مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ نَعَمْ أَسْرَيْنَا لَيْلَتَنَا كُلَّهَا حَتَّى قَامَ قَائِمُ الظَّهِيرَةِ وَخَلاَ الطَّرِيقُ فَلاَ يَمُرُّ فِيهِ أَحَدٌ حَتَّى رُفِعَتْ لَنَا صَخْرَةٌ طَوِيلَةٌ لَهَا ظِلٌّ لَمْ تَأْتِ عَلَيْهِ الشَّمْسُ بَعْدُ فَنَزَلْنَا عِنْدَهَا فَأَتَيْتُ الصَّخْرَةَ فَسَوَّيْتُ بِيَدِي مَكَانًا يَنَامُ فِيهِ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فِي ظِلِّهَا ثُمَّ بَسَطْتُ عَلَيْهِ فَرْوَةً ثُمَّ قُلْتُ نَمْ يَا رَسُولَ اللَّهِ وَأَنَا أَنْفُضُ لَكَ مَا حَوْلَكَ فَنَامَ وَخَرَجْتُ أَنْفُضُ مَا حَوْلَهُ فَإِذَا أَنَا بِرَاعِي غَنَمٍ مُقْبِلٍ بِغَنَمِهِ إِلَى الصَّخْرَةِ يُرِيدُ مِنْهَا الَّذِي أَرَدْنَا فَلَقِيتُهُ فَقُلْتُ لِمَنْ أَنْتَ يَا غُلاَمُ فَقَالَ لِرَجُلٍ مِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ قُلْتُ أَفِي غَنَمِكَ لَبَنٌ قَالَ نَعَمْ ‏.‏ قُلْتُ أَفَتَحْلُبُ لِي قَالَ نَعَمْ ‏.‏ فَأَخَذَ شَاةً فَقُلْتُ لَهُ انْفُضِ الضَّرْعَ مِنَ الشَّعَرِ وَالتُّرَابِ وَالْقَذَى - قَالَ فَرَأَيْتُ الْبَرَاءَ يَضْرِبُ بِيَدِهِ عَلَى الأُخْرَى يَنْفُضُ - فَحَلَبَ لِي فِي قَعْبٍ مَعَهُ كُثْبَةً مِنْ لَبَنٍ قَالَ وَمَعِي إِدَاوَةٌ أَرْتَوِي فِيهَا لِلنَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم لِيَشْرَبَ مِنْهَا وَيَتَوَضَّأَ - قَالَ - فَأَتَيْتُ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم وَكَرِهْتُ أَنْ أُوقِظَهُ مِنْ نَوْمِهِ فَوَافَقْتُهُ اسْتَيْقَظَ فَصَبَبْتُ عَلَى اللَّبَنِ مِنَ الْمَاءِ حَتَّى بَرَدَ أَسْفَلُهُ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ اشْرَبْ مِنْ هَذَا اللَّبَنِ - قَالَ - فَشَرِبَ حَتَّى رَضِيتُ ثُمَّ قَالَ ‏"‏ أَلَمْ يَأْنِ لِلرَّحِيلِ ‏"‏ ‏.‏ قُلْتُ بَلَى ‏.‏ قَالَ فَارْتَحَلْنَا بَعْدَ مَا زَالَتِ الشَّمْسُ وَاتَّبَعَنَا سُرَاقَةُ بْنُ مَالِكٍ - قَالَ - وَنَحْنُ فِي جَلَدٍ مِنَ الأَرْضِ فَقُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ أُتِينَا فَقَالَ ‏"‏ لاَ تَحْزَنْ إِنَّ اللَّهَ مَعَنَا ‏"‏ ‏.‏ فَدَعَا عَلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَارْتَطَمَتْ فَرَسُهُ إِلَى بَطْنِهَا أُرَى فَقَالَ إِنِّي قَدْ عَلِمْتُ أَنَّكُمَا قَدْ دَعَوْتُمَا عَلَىَّ فَادْعُوَا لِي فَاللَّهُ لَكُمَا أَنْ أَرُدَّ عَنْكُمَا الطَّلَبَ ‏.‏ فَدَعَا اللَّهَ فَنَجَى فَرَجَعَ لاَ يَلْقَى أَحَدًا إِلاَّ قَالَ قَدْ كَفَيْتُكُمْ مَا هَا هُنَا فَلاَ يَلْقَى أَحَدًا إِلاَّ رَدَّهُ - قَالَ - وَوَفَى لَنَا ‏.‏

Rapporté par Al-Bara’ ibn Azib رضي الله عنه : Abu Bakr as-Siddiq est venu chez mon père (‘Azib) et a acheté un haudaj (sorte de siège pour chameau) à lui. Il a dit à ‘Azib : « Envoie ton fils chez moi pour porter ce haudaj. » Mon père m’a dit de le porter, alors je l’ai fait, accompagné de mon père qui voulait recevoir le paiement. Il a demandé à Abu Bakr : « Raconte-moi ce que vous avez fait, toi et le Messager d’Allah ﷺ, la nuit où vous êtes partis en voyage. » Il a répondu : « Nous sommes partis de nuit et avons marché jusqu’à midi. Le chemin était désert. Nous avons vu un gros rocher dont l’ombre nous protégeait du soleil. Nous nous sommes arrêtés là. J’ai préparé un endroit pour que le Prophète ﷺ puisse se reposer à l’ombre, puis j’ai veillé sur lui pendant qu’il dormait. Un berger est arrivé avec son troupeau pour se reposer aussi. Je lui ai demandé s’il y avait du lait dans ses chèvres. Il a pris une chèvre, a nettoyé la mamelle, l’a trait dans un récipient. J’ai mélangé le lait avec de l’eau pour le rafraîchir, puis je l’ai donné au Prophète ﷺ. Il l’a bu, puis a dit : “N’est-il pas temps de repartir ?” Nous avons continué après le zénith. Suraqa ibn Malik nous a poursuivis. J’ai dit : “Ô Messager d’Allah, ils vont nous rattraper.” Il a répondu : “Ne t’inquiète pas, Allah est avec nous.” Le Prophète ﷺ a invoqué contre Suraqa, et son cheval s’est enfoncé dans le sol. Suraqa a compris, a demandé au Prophète ﷺ de prier pour lui, promettant de détourner les poursuivants. Le Prophète ﷺ a prié pour lui, il a été sauvé et a tenu sa promesse. »

N° 7521

وَحَدَّثَنِيهِ زُهَيْرُ بْنُ حَرْبٍ، حَدَّثَنَا عُثْمَانُ بْنُ عُمَرَ، ح وَحَدَّثَنَاهُ إِسْحَاقُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، أَخْبَرَنَا النَّضْرُ بْنُ شُمَيْلٍ، كِلاَهُمَا عَنْ إِسْرَائِيلَ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنِ الْبَرَاءِ، قَالَ اشْتَرَى أَبُو بَكْرٍ مِنْ أَبِي رَحْلاً بِثَلاَثَةَ عَشَرَ دِرْهَمًا وَسَاقَ الْحَدِيثَ بِمَعْنَى حَدِيثِ زُهَيْرٍ عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ وَقَالَ فِي حَدِيثِهِ مِنْ رِوَايَةِ عُثْمَانَ بْنِ عُمَرَ فَلَمَّا دَنَا دَعَا عَلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَسَاخَ فَرَسُهُ فِي الأَرْضِ إِلَى بَطْنِهِ وَوَثَبَ عَنْهُ وَقَالَ يَا مُحَمَّدُ قَدْ عَلِمْتُ أَنَّ هَذَا عَمَلُكَ فَادْعُ اللَّهَ أَنْ يُخَلِّصَنِي مِمَّا أَنَا فِيهِ وَلَكَ عَلَىَّ لأُعَمِّيَنَّ عَلَى مَنْ وَرَائِي وَهَذِهِ كِنَانَتِي فَخُذْ سَهْمًا مِنْهَا فَإِنَّكَ سَتَمُرُّ عَلَى إِبِلِي وَغِلْمَانِي بِمَكَانِ كَذَا وَكَذَا فَخُذْ مِنْهَا حَاجَتَكَ قَالَ ‏"‏ لاَ حَاجَةَ لِي فِي إِبِلِكَ ‏"‏ ‏.‏ فَقَدِمْنَا الْمَدِينَةَ لَيْلاً فَتَنَازَعُوا أَيُّهُمْ يَنْزِلُ عَلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ ‏"‏ أَنْزِلُ عَلَى بَنِي النَّجَّارِ أَخْوَالِ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ أُكْرِمُهُمْ بِذَلِكَ ‏"‏ ‏.‏ فَصَعِدَ الرِّجَالُ وَالنِّسَاءُ فَوْقَ الْبُيُوتِ وَتَفَرَّقَ الْغِلْمَانُ وَالْخَدَمُ فِي الطُّرُقِ يُنَادُونَ يَا مُحَمَّدُ يَا رَسُولَ اللَّهِ يَا مُحَمَّدُ يَا رَسُولَ اللَّهِ ‏.‏

Rapporté par Al-Bara’ رضي الله عنه : Abu Bakr m’a acheté une selle pour treize dirhams. Le reste du hadith est le même. Dans la version de Uthman ibn Umar, il est dit : Suraqa ibn Malik s’est approché du Messager d’Allah ﷺ, et le Prophète ﷺ a invoqué contre lui : son chameau s’est enfoncé dans le sol jusqu’au ventre. Suraqa est descendu et a dit : « Muhammad, je sais que c’est à cause de toi. Invoque Allah pour me sauver et je te promets de garder cela secret. Prends une flèche de mon carquois : tu trouveras mes chameaux et mes esclaves à tel endroit, tu pourras prendre ce dont tu as besoin. » Le Prophète ﷺ a répondu : « Je n’ai pas besoin de tes chameaux. » Nous sommes arrivés à Médine de nuit, et les gens se disputaient pour accueillir le Messager d’Allah ﷺ. Il est resté chez la tribu de Najjar, liée à Abd al-Muttalib par sa mère. Les gens sont montés sur les toits, les femmes et les enfants sont sortis dans la rue en criant : « Muhammad, Messager d’Allah ! Muhammad, Messager d’Allah ! »

N° 7522