Sahih al Bukhari
حَدَّثَنِي إِسْحَاقُ، أَخْبَرَنَا بِشْرُ بْنُ شُعَيْبِ بْنِ أَبِي حَمْزَةَ، قَالَ حَدَّثَنِي أَبِي، عَنِ الزُّهْرِيِّ، قَالَ أَخْبَرَنِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ كَعْبِ بْنِ مَالِكٍ الأَنْصَارِيُّ ـ وَكَانَ كَعْبُ بْنُ مَالِكٍ أَحَدَ الثَّلاَثَةِ الَّذِينَ تِيبَ عَلَيْهِمْ أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ أَخْبَرَهُ أَنَّ عَلِيَّ بْنَ أَبِي طَالِبٍ ـ رضى الله عنه ـ خَرَجَ مِنْ عِنْدِ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فِي وَجَعِهِ الَّذِي تُوُفِّيَ فِيهِ، فَقَالَ النَّاسُ يَا أَبَا حَسَنٍ، كَيْفَ أَصْبَحَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ أَصْبَحَ بِحَمْدِ اللَّهِ بَارِئًا، فَأَخَذَ بِيَدِهِ عَبَّاسُ بْنُ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ، فَقَالَ لَهُ أَنْتَ وَاللَّهِ بَعْدَ ثَلاَثٍ عَبْدُ الْعَصَا، وَإِنِّي وَاللَّهِ لأُرَى رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم سَوْفَ يُتَوَفَّى مِنْ وَجَعِهِ هَذَا، إِنِّي لأَعْرِفُ وُجُوهَ بَنِي عَبْدِ الْمُطَّلِبِ عِنْدَ الْمَوْتِ، اذْهَبْ بِنَا إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَلْنَسْأَلْهُ فِيمَنْ هَذَا الأَمْرُ، إِنْ كَانَ فِينَا عَلِمْنَا ذَلِكَ، وَإِنْ كَانَ فِي غَيْرِنَا عَلِمْنَاهُ فَأَوْصَى بِنَا. فَقَالَ عَلِيٌّ إِنَّا وَاللَّهِ لَئِنْ سَأَلْنَاهَا رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَمَنَعَنَاهَا لاَ يُعْطِينَاهَا النَّاسُ بَعْدَهُ، وَإِنِّي وَاللَّهِ لاَ أَسْأَلُهَا رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم.
Rapporté par `Abdullah bin `Abbas : `Ali bin Abu Talib sortit de la maison du Messager d’Allah (ﷺ) pendant sa maladie mortelle. Les gens lui demandèrent : « Ô Abu Hasan (c’est-à-dire `Ali) ! Comment va le Messager d’Allah (ﷺ) ce matin ? » `Ali répondit : « Il va mieux par la grâce d’Allah. » `Abbas bin `Abdul Muttalib le prit par la main et lui dit : « Dans trois jours, par Allah, quelqu’un d’autre que toi dirigera (la communauté). Et par Allah, je pense que le Messager d’Allah (ﷺ) va mourir de cette maladie, car je reconnais le visage des descendants d’`Abdul Muttalib à l’approche de la mort. Allons voir le Messager d’Allah (ﷺ) et demandons-lui qui prendra la succession. Si c’est pour nous, nous le saurons, et si c’est pour quelqu’un d’autre, il pourra lui recommander de prendre soin de nous. » `Ali répondit : « Par Allah, si nous demandons cela au Messager d’Allah (ﷺ) et qu’il nous le refuse, les gens ne nous le donneront jamais après. Et par Allah, je ne demanderai pas cela au Messager d’Allah (ﷺ). »
N° 4447
حَدَّثَنَا سَعِيدُ بْنُ عُفَيْرٍ، قَالَ حَدَّثَنِي اللَّيْثُ، قَالَ حَدَّثَنِي عُقَيْلٌ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، قَالَ حَدَّثَنِي أَنَسُ بْنُ مَالِكٍ ـ رضى الله عنه ـ أَنَّ الْمُسْلِمِينَ، بَيْنَا هُمْ فِي صَلاَةِ الْفَجْرِ مِنْ يَوْمِ الاِثْنَيْنِ وَأَبُو بَكْرٍ يُصَلِّي لَهُمْ لَمْ يَفْجَأْهُمْ إِلاَّ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَدْ كَشَفَ سِتْرَ حُجْرَةِ عَائِشَةَ، فَنَظَرَ إِلَيْهِمْ وَهُمْ فِي صُفُوفِ الصَّلاَةِ. ثُمَّ تَبَسَّمَ يَضْحَكُ، فَنَكَصَ أَبُو بَكْرٍ عَلَى عَقِبَيْهِ لِيَصِلَ الصَّفَّ، وَظَنَّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يُرِيدُ أَنْ يَخْرُجَ إِلَى الصَّلاَةِ فَقَالَ أَنَسٌ وَهَمَّ الْمُسْلِمُونَ أَنْ يَفْتَتِنُوا فِي صَلاَتِهِمْ فَرَحًا بِرَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَأَشَارَ إِلَيْهِمْ بِيَدِهِ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَنْ أَتِمُّوا صَلاَتَكُمْ، ثُمَّ دَخَلَ الْحُجْرَةَ وَأَرْخَى السِّتْرَ.
Rapporté par Anas bin Malik : Pendant que les musulmans accomplissaient la prière de l’aube (Fajr) un lundi et que Abu Bakr les dirigeait, soudain le Messager d’Allah (ﷺ) souleva le rideau de la chambre d’`Aisha et les observa alors qu’ils étaient alignés en prière, puis il sourit. Abu Bakr voulut reculer pour rejoindre le rang, pensant que le Messager d’Allah (ﷺ) voulait sortir pour diriger la prière. Les musulmans étaient sur le point d’être troublés dans leur prière tant ils étaient heureux de voir le Messager d’Allah (ﷺ). Mais le Prophète leur fit signe de la main de terminer leur prière, puis il rentra dans la chambre et laissa retomber le rideau
N° 4448
حَدَّثَنِي مُحَمَّدُ بْنُ عُبَيْدٍ، حَدَّثَنَا عِيسَى بْنُ يُونُسَ، عَنْ عُمَرَ بْنِ سَعِيدٍ، قَالَ أَخْبَرَنِي ابْنُ أَبِي مُلَيْكَةَ، أَنَّ أَبَا عَمْرٍو، ذَكْوَانَ مَوْلَى عَائِشَةَ أَخْبَرَهُ أَنَّ عَائِشَةَ كَانَتْ تَقُولُ إِنَّ مِنْ نِعَمِ اللَّهِ عَلَىَّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم تُوُفِّيَ فِي بَيْتِي وَفِي يَوْمِي، وَبَيْنَ سَحْرِي وَنَحْرِي، وَأَنَّ اللَّهَ جَمَعَ بَيْنَ رِيقِي وَرِيقِهِ عِنْدَ مَوْتِهِ، دَخَلَ عَلَىَّ عَبْدُ الرَّحْمَنِ وَبِيَدِهِ السِّوَاكُ وَأَنَا مُسْنِدَةٌ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَرَأَيْتُهُ يَنْظُرُ إِلَيْهِ، وَعَرَفْتُ أَنَّهُ يُحِبُّ السِّوَاكَ فَقُلْتُ آخُذُهُ لَكَ فَأَشَارَ بِرَأْسِهِ أَنْ نَعَمْ، فَتَنَاوَلْتُهُ فَاشْتَدَّ عَلَيْهِ وَقُلْتُ أُلَيِّنُهُ لَكَ فَأَشَارَ بِرَأْسِهِ أَنْ نَعَمْ، فَلَيَّنْتُهُ، وَبَيْنَ يَدَيْهِ رَكْوَةٌ ـ أَوْ عُلْبَةٌ يَشُكُّ عُمَرُ ـ فِيهَا مَاءٌ، فَجَعَلَ يُدْخِلُ يَدَيْهِ فِي الْمَاءِ فَيَمْسَحُ بِهِمَا وَجْهَهُ يَقُولُ " لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ، إِنَّ لِلْمَوْتِ سَكَرَاتٍ ". ثُمَّ نَصَبَ يَدَهُ فَجَعَلَ يَقُولُ " فِي الرَّفِيقِ الأَعْلَى ". حَتَّى قُبِضَ وَمَالَتْ يَدُهُ.
Rapporté par `Aisha : C’était une faveur d’Allah envers moi que le Messager d’Allah (ﷺ) soit décédé dans ma maison, le jour de mon tour, alors qu’il était appuyé contre ma poitrine, et qu’Allah ait fait que ma salive se mélange à la sienne à sa mort. `Abdur-Rahman entra chez moi avec un siwak à la main, pendant que je soutenais le Messager d’Allah (ﷺ) contre ma poitrine. J’ai vu le Prophète (ﷺ) regarder le siwak (bâtonnet à dents) et j’ai compris qu’il l’aimait, alors je lui ai dit : « Veux-tu que je te le donne ? » Il a fait signe que oui. Je l’ai pris, mais il était trop dur pour lui, alors j’ai dit : « Veux-tu que je l’assouplisse pour toi ? » Il a de nouveau fait signe que oui. Je l’ai donc assoupli et il s’est nettoyé les dents avec. Devant lui, il y avait une cruche ou une boîte (le sous-narrateur, `Umar, hésite sur le récipient) contenant de l’eau. Il commença à tremper sa main dans l’eau et à se frotter le visage en disant : « Nul n’a le droit d’être adoré en dehors d’Allah. La mort a ses souffrances. » Puis il leva les mains (vers le ciel) et se mit à dire : « Avec le plus haut compagnon », jusqu’à ce qu’il rende l’âme et que sa main retombe
N° 4449
حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ، قَالَ حَدَّثَنِي سُلَيْمَانُ بْنُ بِلاَلٍ، حَدَّثَنَا هِشَامُ بْنُ عُرْوَةَ، أَخْبَرَنِي أَبِي، عَنْ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها ـ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم كَانَ يَسْأَلُ فِي مَرَضِهِ الَّذِي مَاتَ فِيهِ يَقُولَ " أَيْنَ أَنَا غَدًا أَيْنَ أَنَا غَدًا " يُرِيدُ يَوْمَ عَائِشَةَ، فَأَذِنَ لَهُ أَزْوَاجُهُ يَكُونُ حَيْثُ شَاءَ، فَكَانَ فِي بَيْتِ عَائِشَةَ حَتَّى مَاتَ عِنْدَهَا، قَالَتْ عَائِشَةُ فَمَاتَ فِي الْيَوْمِ الَّذِي كَانَ يَدُورُ عَلَىَّ فِيهِ فِي بَيْتِي، فَقَبَضَهُ اللَّهُ وَإِنَّ رَأْسَهُ لَبَيْنَ نَحْرِي وَسَحْرِي، وَخَالَطَ رِيقُهُ رِيقِي ـ ثُمَّ قَالَتْ ـ دَخَلَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ أَبِي بَكْرٍ وَمَعَهُ سِوَاكٌ يَسْتَنُّ بِهِ فَنَظَرَ إِلَيْهِ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَقُلْتُ لَهُ أَعْطِنِي هَذَا السِّوَاكَ يَا عَبْدَ الرَّحْمَنِ. فَأَعْطَانِيهِ فَقَضِمْتُهُ، ثُمَّ مَضَغْتُهُ فَأَعْطَيْتُهُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَاسْتَنَّ بِهِ وَهْوَ مُسْتَنِدٌ إِلَى صَدْرِي.
Rapporté par `Urwa : `Aisha a dit : Le Messager d’Allah (ﷺ), pendant sa maladie mortelle, demandait : « Où serai-je demain ? Où serai-je demain ? », espérant que ce soit le tour d’`Aisha. Ses épouses lui permirent alors de rester où il voulait. Il resta donc chez `Aisha jusqu’à sa mort, alors qu’il était avec elle. `Aisha ajouta : « Le Prophète (ﷺ) est décédé le jour de mon tour, dans ma maison, et il a été rappelé à Allah alors que sa tête reposait contre ma poitrine et que sa salive s’est mélangée à la mienne. » `Aisha ajouta : « `Abdur-Rahman bin Abu Bakr entra, portant un siwak avec lequel il se nettoyait les dents. Le Messager d’Allah (ﷺ) le regarda et je dis : “Ô `AbdurRahman ! Donne-moi ce siwak.” Il me le donna, je le coupai, le mâchai (à l’extrémité) et le donnai au Messager d’Allah (ﷺ) qui se nettoya les dents avec, alors qu’il était appuyé contre ma poitrine. »
N° 4450
حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ بْنُ حَرْبٍ، حَدَّثَنَا حَمَّادُ بْنُ زَيْدٍ، عَنْ أَيُّوبَ، عَنِ ابْنِ أَبِي مُلَيْكَةَ، عَنْ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها ـ قَالَتْ تُوُفِّيَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فِي بَيْتِي وَفِي يَوْمِي، وَبَيْنَ سَحْرِي وَنَحْرِي، وَكَانَتْ إِحْدَانَا تُعَوِّذُهُ بِدُعَاءٍ إِذَا مَرِضَ، فَذَهَبْتُ أُعَوِّذُهُ، فَرَفَعَ رَأْسَهُ إِلَى السَّمَاءِ وَقَالَ " فِي الرَّفِيقِ الأَعْلَى فِي الرَّفِيقِ الأَعْلَى ". وَمَرَّ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ أَبِي بَكْرٍ وَفِي يَدِهِ جَرِيدَةٌ رَطْبَةٌ، فَنَظَرَ إِلَيْهِ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَظَنَنْتُ أَنَّ لَهُ بِهَا حَاجَةً فَأَخَذْتُهَا، فَمَضَغْتُ رَأْسَهَا وَنَفَضْتُهَا فَدَفَعْتُهَا إِلَيْهِ، فَاسْتَنَّ بِهَا كَأَحْسَنِ مَا كَانَ مُسْتَنًّا ثُمَّ نَاوَلَنِيهَا فَسَقَطَتْ يَدُهُ ـ أَوْ سَقَطَتْ مِنْ يَدِهِ ـ فَجَمَعَ اللَّهُ بَيْنَ رِيقِي وَرِيقِهِ فِي آخِرِ يَوْمٍ مِنَ الدُّنْيَا وَأَوَّلِ يَوْمٍ مِنَ الآخِرَةِ.
Rapporté par `Aisha : Le Prophète (ﷺ) est décédé dans ma maison et le jour de mon tour, appuyé contre ma poitrine. L’une de nous (c’est-à-dire les épouses du Prophète) avait l’habitude de réciter une prière pour demander à Allah de le protéger de tout mal quand il tombait malade. J’ai donc commencé à demander à Allah de le protéger de tout mal (en récitant une prière). Il leva la tête vers le ciel et dit : « Avec les plus hauts compagnons, avec les plus hauts compagnons. » `Abdur-Rahman bin Abu Bakr passa en portant une tige fraîche de palmier-dattier et le Prophète (ﷺ) la regarda. J’ai pensé qu’il en avait besoin (pour se nettoyer les dents). Je l’ai donc prise (à `Abdur Rahman), j’en ai mâché l’extrémité, je l’ai secouée et je l’ai donnée au Prophète (ﷺ) qui se nettoya les dents avec, mieux qu’il ne l’avait jamais fait, puis il me la rendit, et soudain sa main tomba ou lâcha la tige (c’est-à-dire qu’il est décédé). Ainsi, Allah a fait que ma salive se mélange à la sienne le dernier jour de sa vie sur terre et le premier jour de sa vie dans l’au-delà
N° 4451
حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ بُكَيْرٍ، حَدَّثَنَا اللَّيْثُ، عَنْ عُقَيْلٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، قَالَ أَخْبَرَنِي أَبُو سَلَمَةَ، أَنَّ عَائِشَةَ، أَخْبَرَتْهُ أَنَّ أَبَا بَكْرٍ ـ رضى الله عنه ـ أَقْبَلَ عَلَى فَرَسٍ مِنْ مَسْكَنِهِ بِالسُّنْحِ حَتَّى نَزَلَ، فَدَخَلَ الْمَسْجِدَ فَلَمْ يُكَلِّمِ النَّاسَ حَتَّى دَخَلَ عَلَى عَائِشَةَ، فَتَيَمَّمَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم وَهْوَ مُغَشًّى بِثَوْبِ حِبَرَةٍ، فَكَشَفَ عَنْ وَجْهِهِ ثُمَّ أَكَبَّ عَلَيْهِ فَقَبَّلَهُ وَبَكَى. ثُمَّ قَالَ بِأَبِي أَنْتَ وَأُمِّي، وَاللَّهِ لاَ يَجْمَعُ اللَّهُ عَلَيْكَ مَوْتَتَيْنِ، أَمَّا الْمَوْتَةُ الَّتِي كُتِبَتْ عَلَيْكَ فَقَدْ مُتَّهَا. قَالَ الزُّهْرِيُّ وَحَدَّثَنِي أَبُو سَلَمَةَ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ، أَنَّ أَبَا بَكْرٍ، خَرَجَ وَعُمَرُ يُكَلِّمُ النَّاسَ فَقَالَ اجْلِسْ يَا عُمَرُ، فَأَبَى عُمَرُ أَنْ يَجْلِسَ. فَأَقْبَلَ النَّاسُ إِلَيْهِ وَتَرَكُوا عُمَرَ، فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ أَمَّا بَعْدُ مَنْ كَانَ مِنْكُمْ يَعْبُدُ مُحَمَّدًا صلى الله عليه وسلم فَإِنَّ مُحَمَّدًا قَدْ مَاتَ، وَمَنْ كَانَ مِنْكُمْ يَعْبُدُ اللَّهَ فَإِنَّ اللَّهَ حَىٌّ لاَ يَمُوتُ، قَالَ اللَّهُ {وَمَا مُحَمَّدٌ إِلاَّ رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ} إِلَى قَوْلِهِ {الشَّاكِرِينَ} وَقَالَ وَاللَّهِ لَكَأَنَّ النَّاسَ لَمْ يَعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ أَنْزَلَ هَذِهِ الآيَةَ حَتَّى تَلاَهَا أَبُو بَكْرٍ، فَتَلَقَّاهَا مِنْهُ النَّاسُ كُلُّهُمْ فَمَا أَسْمَعُ بَشَرًا مِنَ النَّاسِ إِلاَّ يَتْلُوهَا. فَأَخْبَرَنِي سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيَّبِ أَنَّ عُمَرَ قَالَ وَاللَّهِ مَا هُوَ إِلاَّ أَنْ سَمِعْتُ أَبَا بَكْرٍ تَلاَهَا فَعَقِرْتُ حَتَّى مَا تُقِلُّنِي رِجْلاَىَ، وَحَتَّى أَهْوَيْتُ إِلَى الأَرْضِ حِينَ سَمِعْتُهُ تَلاَهَا أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم قَدْ مَاتَ.
Rapporté par `Aisha : Abu Bakr arriva de sa maison à As-Sunh à cheval. Il descendit et entra dans la mosquée, mais ne parla à personne avant d’entrer chez `Aisha et d’aller directement auprès du Messager d’Allah (ﷺ), qui était recouvert d’un tissu Hibra (un tissu du Yémen). Il découvrit alors le visage du Prophète, se pencha sur lui, l’embrassa et pleura en disant : « Que mon père et ma mère soient sacrifiés pour toi. Par Allah, Allah ne te fera jamais mourir deux fois. Quant à la mort qui t’était destinée, elle est venue sur toi. » Rapporté par Ibn `Abbas : Abu Bakr sortit alors qu’`Umar bin Al-Khattab parlait aux gens. Abu Bakr dit : « Assieds-toi, ô `Umar ! » Mais `Umar refusa de s’asseoir. Les gens se tournèrent alors vers Abu Bakr et laissèrent `Umar. Abu Bakr dit : « Pour continuer, si l’un d’entre vous adorait Muhammad, alors Muhammad est mort, mais si vous adoriez Allah, alors Allah est Vivant et ne mourra jamais. Allah a dit : “Muhammad n’est qu’un messager. Avant lui, beaucoup de messagers sont passés… (jusqu’à la fin du verset)… Allah récompensera ceux qui sont reconnaissants.” (3.144) Par Allah, c’était comme si les gens n’avaient jamais su qu’Allah avait révélé ce verset avant qu’Abu Bakr ne le récite, et tout le monde se mit à le réciter après lui. » Rapporté par Az-Zuhri : Sa`id bin Al-Musaiyab m’a dit qu’`Umar a déclaré : « Par Allah, quand j’ai entendu Abu Bakr réciter ce verset, mes jambes ne m’ont plus porté et je suis tombé à l’instant même, comprenant que le Prophète (ﷺ) était mort. »
N° 4453
حَدَّثَنِي عَبْدُ اللَّهِ بْنُ أَبِي شَيْبَةَ، حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ سَعِيدٍ، عَنْ سُفْيَانَ، عَنْ مُوسَى بْنِ أَبِي عَائِشَةَ، عَنْ عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُتْبَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، وَابْنِ، عَبَّاسٍ أَنَّ أَبَا بَكْر ٍ ـ رضى الله عنه ـ قَبَّلَ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم بَعْدَ مَوْتِهِ.
Rapporté par `Aisha et Ibn `Abbas : Abu Bakr embrassa le Prophète (ﷺ) après sa mort
N° 4457
حَدَّثَنَا عَلِيٌّ، حَدَّثَنَا يَحْيَى، وَزَادَ، قَالَتْ عَائِشَةُ لَدَدْنَاهُ فِي مَرَضِهِ فَجَعَلَ يُشِيرُ إِلَيْنَا أَنْ لاَ تَلُدُّونِي فَقُلْنَا كَرَاهِيَةُ الْمَرِيضِ لِلدَّوَاءِ. فَلَمَّا أَفَاقَ قَالَ " أَلَمْ أَنْهَكُمْ أَنْ تَلُدُّونِي ". قُلْنَا كَرَاهِيَةَ الْمَرِيضِ لِلدَّوَاءِ. فَقَالَ " لاَ يَبْقَى أَحَدٌ فِي الْبَيْتِ إِلاَّ لُدَّ ـ وَأَنَا أَنْظُرُ ـ إِلاَّ الْعَبَّاسَ، فَإِنَّهُ لَمْ يَشْهَدْكُمْ ". رَوَاهُ ابْنُ أَبِي الزِّنَادِ عَنْ هِشَامٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ عَائِشَةَ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم.
Rapporté par `Aisha : Nous avons versé un médicament dans un côté de la bouche du Prophète (ﷺ) pendant sa maladie, et il se mit à nous faire signe, voulant dire : « Ne me donnez pas de médicament. » Nous avons dit : « (Il dit cela) parce qu’un malade n’aime pas les médicaments. » Quand il alla un peu mieux, il dit : « Ne vous avais-je pas interdit de me donner un médicament dans la bouche ? » Nous avons répondu : « (Nous avons pensé que c’était) parce que les malades n’aiment pas les médicaments. » Il dit : « Que tous ceux qui étaient présents dans la maison reçoivent le médicament dans la bouche pendant que je les regarde, sauf `Abbas, car il n’a pas assisté à ce que vous m’avez fait. »
N° 4458
حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُحَمَّدٍ، أَخْبَرَنَا أَزْهَرُ، أَخْبَرَنَا ابْنُ عَوْنٍ، عَنْ إِبْرَاهِيمَ، عَنِ الأَسْوَدِ، قَالَ ذُكِرَ عِنْدَ عَائِشَةَ أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم أَوْصَى إِلَى عَلِيٍّ، فَقَالَتْ مَنْ قَالَهُ لَقَدْ رَأَيْتُ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم وَإِنِّي لَمُسْنِدَتُهُ إِلَى صَدْرِي، فَدَعَا بِالطَّسْتِ فَانْخَنَثَ فَمَاتَ، فَمَا شَعَرْتُ، فَكَيْفَ أَوْصَى إِلَى عَلِيٍّ
Rapporté par Al-Aswad : On mentionna devant `Aisha que le Prophète (ﷺ) avait désigné `Ali comme successeur par testament. Elle répondit : « Qui a dit cela ? J’ai vu le Prophète alors que je le soutenais contre ma poitrine. Il a demandé un plateau, puis il est tombé sur le côté et il est décédé, et je ne m’en suis même pas rendu compte. Alors comment (les gens peuvent-ils dire) qu’il a désigné `Ali comme successeur ? »
N° 4459
حَدَّثَنَا أَبُو نُعَيْمٍ، حَدَّثَنَا مَالِكُ بْنُ مِغْوَلٍ، عَنْ طَلْحَةَ، قَالَ سَأَلْتُ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ أَبِي أَوْفَى ـ رضى الله عنهما ـ أَوْصَى النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ لاَ. فَقُلْتُ كَيْفَ كُتِبَ عَلَى النَّاسِ الْوَصِيَّةُ أَوْ أُمِرُوا بِهَا قَالَ أَوْصَى بِكِتَابِ اللَّهِ.
Rapporté par Talha : J’ai demandé à `Abdullah bin Abu `Aufa : « Le Prophète (ﷺ) a-t-il laissé un testament ? » Il a répondu : « Non. » J’ai insisté : « Comment se fait-il que le testament ait été prescrit aux gens ou qu’on leur ait ordonné de le faire ? » Il a dit : « Le Prophète (ﷺ) a laissé un testament concernant le Livre d’Allah. »
N° 4460
حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ، حَدَّثَنَا أَبُو الأَحْوَصِ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ عَمْرِو بْنِ الْحَارِثِ، قَالَ مَا تَرَكَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم دِينَارًا وَلاَ دِرْهَمًا وَلاَ عَبْدًا وَلاَ أَمَةً، إِلاَّ بَغْلَتَهُ الْبَيْضَاءَ الَّتِي كَانَ يَرْكَبُهَا، وَسِلاَحَهُ، وَأَرْضًا جَعَلَهَا لاِبْنِ السَّبِيلِ صَدَقَةً.
Rapporté par 'Amir bin Al-Harith : Le Messager d'Allah (ﷺ) n'a laissé ni dinar, ni dirham, ni esclave homme ou femme. Il n'a laissé que sa mule blanche sur laquelle il montait, ses armes et un terrain qu'il avait donné en aumône pour les voyageurs dans le besoin
N° 4461
حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ بْنُ حَرْبٍ، حَدَّثَنَا حَمَّادٌ، عَنْ ثَابِتٍ، عَنْ أَنَسٍ، قَالَ لَمَّا ثَقُلَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم جَعَلَ يَتَغَشَّاهُ، فَقَالَتْ فَاطِمَةُ ـ عَلَيْهَا السَّلاَمُ ـ وَاكَرْبَ أَبَاهُ. فَقَالَ لَهَا " لَيْسَ عَلَى أَبِيكِ كَرْبٌ بَعْدَ الْيَوْمِ ". فَلَمَّا مَاتَ قَالَتْ يَا أَبَتَاهْ، أَجَابَ رَبًّا دَعَاهُ، يَا أَبَتَاهْ مَنْ جَنَّةُ الْفِرْدَوْسِ مَأْوَاهُ، يَا أَبَتَاهْ إِلَى جِبْرِيلَ نَنْعَاهْ. فَلَمَّا دُفِنَ قَالَتْ فَاطِمَةُ ـ عَلَيْهَا السَّلاَمُ ـ يَا أَنَسُ، أَطَابَتْ أَنْفُسُكُمْ أَنْ تَحْثُوا عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم التُّرَابَ
Rapporté par Anas : Lorsque la maladie du Prophète (ﷺ) s'est aggravée, il a perdu connaissance. Fatima a alors dit : « Oh, comme mon père souffre ! » Il a répondu : « Ton père ne souffrira plus après aujourd'hui. » Lorsqu'il est décédé, elle a dit : « Ô mon père ! Qui a répondu à l'appel du Seigneur qui l'a invité ! Ô mon père, dont la demeure est le Jardin du Paradis (c'est-à-dire Al-Firdaus) ! Ô mon père ! Nous annonçons cette nouvelle (de ta mort) à Gabriel. » Quand il a été enterré, Fatima a dit : « Ô Anas ! Cela ne te dérange pas de jeter de la terre sur le Messager d'Allah (ﷺ) ? »
N° 4462
حَدَّثَنَا بِشْرُ بْنُ مُحَمَّدٍ، حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ، قَالَ يُونُسُ قَالَ الزُّهْرِيُّ أَخْبَرَنِي سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيَّبِ، فِي رِجَالٍ مِنْ أَهْلِ الْعِلْمِ أَنَّ عَائِشَةَ قَالَتْ كَانَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ وَهْوَ صَحِيحٌ " إِنَّهُ لَمْ يُقْبَضْ نَبِيٌّ حَتَّى يَرَى مَقْعَدَهُ مِنَ الْجَنَّةِ، ثُمَّ يُخَيَّرَ ". فَلَمَّا نَزَلَ بِهِ وَرَأْسُهُ عَلَى فَخِذِي غُشِيَ عَلَيْهِ، ثُمَّ أَفَاقَ، فَأَشْخَصَ بَصَرَهُ إِلَى سَقْفِ الْبَيْتِ ثُمَّ قَالَ " اللَّهُمَّ الرَّفِيقَ الأَعْلَى ". فَقُلْتُ إِذًا لاَ يَخْتَارُنَا. وَعَرَفْتُ أَنَّهُ الْحَدِيثُ الَّذِي كَانَ يُحَدِّثُنَا وَهْوَ صَحِيحٌ قَالَتْ فَكَانَتْ آخِرَ كَلِمَةٍ تَكَلَّمَ بِهَا " اللَّهُمَّ الرَّفِيقَ الأَعْلَى ".
Rapporté par `Aisha : Quand le Prophète (ﷺ) était en bonne santé, il disait : « L'âme d'un prophète n'est pas reprise avant qu'il ne voie sa place au Paradis et qu'on lui donne le choix. » Quand la mort s'est approchée de lui alors que sa tête reposait sur ma cuisse, il a perdu connaissance puis a repris ses esprits. Il a alors regardé le plafond de la maison et a dit : « Ô Allah ! (avec) les plus hauts compagnons. » Je me suis dit : « Donc, il ne va pas nous choisir. » J'ai alors compris que ce qu'il venait de dire correspondait à ce qu'il nous racontait quand il était en bonne santé. Le dernier mot qu'il a prononcé était : « Ô Allah ! (avec) les plus hauts compagnons. »
N° 4463
حَدَّثَنَا أَبُو نُعَيْمٍ، حَدَّثَنَا شَيْبَانُ، عَنْ يَحْيَى، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، وَابْنِ، عَبَّاسٍ رضى الله عنهم أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم لَبِثَ بِمَكَّةَ عَشْرَ سِنِينَ يُنْزَلُ عَلَيْهِ الْقُرْآنُ، وَبِالْمَدِينَةِ عَشْرًا.
Rapporté par Aisha et Ibn `Abbas : Le Prophète (ﷺ) est resté dix ans à La Mecque pendant que le Coran lui était révélé, puis il a vécu dix ans à Médine
N° 4465
حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ يُوسُفَ، حَدَّثَنَا اللَّيْثُ، عَنْ عُقَيْلٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ، عَنْ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها ـ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم تُوُفِّيَ وَهْوَ ابْنُ ثَلاَثٍ وَسِتِّينَ. قَالَ ابْنُ شِهَابٍ وَأَخْبَرَنِي سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيَّبِ مِثْلَهُ.
Rapporté par `Aisha : Le Messager d'Allah est décédé à l'âge de soixante-trois ans
N° 4466